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Depuis son introduction accidentelle en Méditerranée, l'algue d'origine tropicale Caulerpa taxifolia n'a cessé de s'étendre : plus de 3 000 hectares sont maintenant atteints.

Près de 90 % de cette surface concernent la région où elle a été observée la première fois (Monaco, 1984). Ces zones les plus anciennement envahies (de Menton à Cap-d'Ail) sont maintenant couvertes, en partie, d'étendues monotones de Caulerpa taxifolia. Parmi elles, deux plongées étaient classées parmi les 200 plus belles des côtes françaises de Méditerranée (Cap Martin). Dans ce secteur, l'activité des pêcheurs professionnels est gênée (les boutures arrachées par la houle colmatent les filets).

En Italie, 40 km à l'est, plus de 1 300 ha sont atteints dans la région Ligure. En dehors de ces zones, on a découvert plus de 20 stations de surfaces plus modestes (de quelques m2 à 1 ha) mais, constatation très inquiétante, chacune s'étend au même rythme que celui observé dans les premiers sites atteints.

Certaines colonies sont éloignées de plusieurs centaines de km de Monaco : St-Cyprien (Pyrénées-Orientales, France), Iles Baléares (Espagne), Livourne, Ile d'Elbe et Sicile (Italie), environs de Split et de Rijeka (Croatie). Ces disséminations lointaines sont vraisemblablement dues au transport de boutures par les systèmes d'ancrage de bateaux. Après chaque mouillage, inspectez bien vos ancres et chaînes. Si vous avez remonté des fragments de l'algue, mettez-les dans un sac poubelle que vous jetterez à terre. Sans cette précaution, vous risqueriez de contaminer un nouveau site.

Cette belle algue vert "fluo" se développe sur tous les substrats (roche, sable, vase, herbiers) entre 1 et 30 m de profondeur. Au-delà, on la trouve en densité plus faible. Elle s'adapte à toutes les conditions du milieu (eaux polluées ou non) et à toutes les configurations de côtes (caps, baies abritées, ports , etc). Elle peut résister 3 mois à dix degrés Celsius : son développement et sa survie en Méditerranée n'ont ainsi rien à voir avec le réchauffement des eaux ou du climat, et aucun hiver, même rigoureux, ne la fera disparaître.

Son extension dans un site se poursuit jusqu'à couvrir la totalité du substrat. Cette moquette végétale permanente élimine rapidement la plupart des autres algues, par simple recouvrement. Elle affecte également les herbiers de Posidonies quels que soient leur densité et leur état. La faune associée à la végétation d'origine subit de profonds changements : élimination de certaines espèces, ce qui en favorise d'autres. Globalement, dans les zones envahies par Caulerpa taxifolia, on assiste à un bouleversement de tous les écosystèmes avec une baisse sensible de la biodiversité.

L'algue contient des toxines qui la protègent des brouteurs et qui peuvent agir sur des spores, des oeufs, la microflore et la microfaune. Ainsi, cette nouvelle végétation dominante, toxique, ne constitue pas une nourriture de remplacement, ce qui aggrave son impact écologique. Ces données (communiquées au cours de séminaires ou consignées dans des publications scientifiques) résument sept années d'études menées par plus d'une centaine de chercheurs. Elles confirment les craintes des scientifiques qui, dès 1990, avaient attiré l'attention des autorités sur le risque majeur que cette invasion, par une espèce introduite, pouvait représenter pour l'environnement marin littoral. A ce jour, aucun indice ne permet de penser que la progression se ralentira, ni que l'algue pourra disparaître naturellement.

Les campagnes de cartographie ont permis de suivre, année après année, cette très rapide expansion. Ce suivi précis reste nécessaire pour continuer à évaluer le phénomène et prendre toutes décisions utiles pour son contrôle. La sensibilisation et la mobilisation des usagers de la mer (plongeurs, apnéistes, plaisanciers, pêcheurs Š) doit se poursuivre. L'expérience montre que des colonies de quelques m2 à quelques centaines de m2 peuvent être éradiquées, ce qui permet de contenir significativement l'invasion dans l'attente d'une solution définitive.

Caulerpa taxifolia a soigneusement été enlevée à la main aux Baléares et dans les eaux du Parc National de Port-Cros, par exemple. Cette lutte directe ne peut cependant être entreprise que sous surveillance scientifique assortie d'un suivi sur plusieurs années. L'algue est pour cette raison soumise à une réglementation (Arrêté du 4 mars 1993) qui interdit sa récolte ou son éradication sans autorisation, toute manipulation sans contrôle rigoureux pouvant augmenter le risque de dissémination de l'algue ou rendre plus difficile la localisation et la surveillance du point contaminé.

 

Aujourd'hui, des recherches prometteuses de lutte biologique sont à l'étude (utilisation de limaces se nourrissant exclusivement de Caulerpes). Si cet espoir se confirme (après une expérience contrôlée en mer), il faudra connaître parfaitement les zones colonisées par l'algue.

 


Le problème

Douze ans après l'introduction accidentelle, en 1984, à Monaco, de l'algue tropicale Caulerpa taxifolia en Méditerranée, son expansion se poursuit avec régularité.


La colonie principale (s'étendant de Menton au Cap d'Ail) s'est encore développée et étendue vers l'ouest (commune d'Eze-sur-Mer) : la surface atteinte (surface où se développent plus de 100 colonies par hectare) concerne maintenant plus de 3 000 ha de petits fonds.

A l'ouest de la principale zone atteinte, la progression des colonies de C. taxifolia, toutes apparues après 1990, est générale dans tous les sites (Alpes-Maritimes : St-Jean-Cap-Ferrat, Villefranche-sur-Mer, Théoule-sur-Mer ; Var : St-Raphaël-Agay, Le Lavandou, Hyères-La Potinière, Toulon-Méjean ; Pyrénées-Orientales : St-Cyprien). Les surfaces couvertes (surfaces occupées à plus de 80 %) par l'ensemble de ces petites colonies éloignées de la zone d'introduction ont été estimées à 749 m2 en 1992, 3656 m2 en 1993 et 16 876 m2 à la fin de 1994. On atteint maintenant, à la fin de 1996, plus de 1 700 ha dans cette zone.

Pour chaque station, la surface couverte par l'algue augmente à un rythme du même ordre que celui mesuré pour la station la plus ancienne. En effet, à Monaco, le premier hectare couvert par C. taxifolia avait été atteint cinq années après l'introduction de l'algue.

Le nombre de stations nouvelles (stations bien distinctes des peuplements déjà localisés dans le passé) a encore augmenté sur les côtes françaises :

A l'étranger, un autre secteur important d'extension est situé sur les côtes italiennes : plus de 1 300 ha sont atteints en Ligurie. Les petites colonies découvertes en 1993 à l'île d'Elbe et en Sicile (Détroit de Messine) se sont très étendues.

En Espagne, la colonie observée aux Baléares en 1992, et "éradiquée" la semaine suivant sa découverte, n'a pas pu être éliminée. Une zone de colonisation importante a été découverte en 1995 juste à côté de celle qui était surveillée.

La dissémination est essentiellement attribuée à une reproduction végétative par bouturage. L'apparition lointaine des boutures est anthropique :

Dans un site donné, l'algue se développe jusqu'à couvrir tous les substrats disponibles favorables : roche, sable, vase, herbiers de Phanérogames marines (Posidonies, Cymodocées).

Elle peut couvrir jusqu'à 100 % des fonds de 1 à 35 m de profondeur. Au-delà, elle a été observée en densité beaucoup plus faible jusqu'à 100 m de profondeur.

L'algue pousse aussi bien dans les eaux éloignées de toute source de pollution que dans les ports ; elle se rencontre devant les caps comme dans les baies abritées.
L'expansion de cette espèce envahissante introduite en 1984 continue. Cette tendance ainsi que les impacts constatés sur les milieux envahis confirment que Caulerpa taxifolia représente un risque majeur pour les écosystèmes littoraux de la Méditerranée.

Description

C'est une belle algue vert "fluo"'

Elle présente un axe rampant ou "stolon", qui peut mesurer plus d'un mètre de long, avec un diamètre de 1 à 3 mm, fixé sur le fond par des rhizoïdes ou "racines".

Cet axe porte des frondes dressées ressemblant à des feuilles.

Ces "feuilles" sont très découpées et ressemblent à celles de certains conifères comme l'if (if = Taxus en latin, d'où le nom de taxifolia donné à l'algue).

Ces "feuilles", de 5 à 65 cm de hauteur, peuvent être ramifiées.